Nous avons tous pu observer que le fait de s’adresser en mots, même à de très jeunes enfants, a un effet positif sur eux. On observe un apaisement ou encore une sorte de dialogue, non verbal du côté de l’enfant, qui s’installe avec l’interlocuteur. Le bébé est un être de communication et de relation. Sa survie et son bien-être en dépendent. Cela les positionne d’emblée, lui et les adultes qui s’en occupent, en recherche de sens. C’est d’abord à ce jeu de la communication entre les signes non verbaux de l’enfant et des paroles de l’adulte qui leur donnent sens, c’est à ce « jeu du désir » que nous sommes conviés. Quand les paroles des adultes entrent en résonance avec le ressenti de l’enfant, quand ce sont des paroles vraies pour lui, on observe une réaction dans son corps. On pourrait dire que les paroles entendues au moment où l’enfant s’exprime à sa façon par son corps, ont de plus en plus de sens pour lui. On observe les effets de ces paroles sur les bébés : des effets organisateurs, des effets de contenir des émotions.

Dans notre travail, un autre phénomène semble se conjuguer aux effets de la parole sur les bébés. Le tout petit enfant est très perméable au ressenti de sa mère. Quand nous nous adressons à l’enfant, cela peut avoir un effet sur le ressenti de sa mère et, par un effet de vases communicants, nos paroles peuvent avoir un effet sur lui. Cela indique que quelque chose a été entendu à un certain niveau. Qu’est-ce que les tout-petits comprennent ? Quel(s) phénomène(s) provoque(nt) de tels effets ? Sont-ils de la même nature que notre compréhension adulte ? Ce qui importe est qu’un dialogue s’installe et que peu à peu les mots prennent le relais du langage du corps. Dans un subtil continuum relationnel la parole, le langage symbolique, s’inscrivent peu à peu.

Marie-Anne Dostaler