Ferenczi parlait du malentendu entre enfants et adultes... Pour qu’il y ait du malentendu, il faut que les uns et les autres comprennent quelque chose…. La compréhension est du registre de l'imaginaire chez Lacan. On peut penser que l'imaginaire de l'enfant n'est pas le même que celui de l'adulte et qu'en conséquence celui-là ne comprend pas la même chose que celui-ci. C'est la signification de la différence entre représentation de choses et représentations de mots 1.
Comment se nouent donc le symbolique et le réel chez le petit d'homme ou, autrement, comment le langage s'inscrit-il dans le corps ? On trouve l’amorce de la réponse dans l'exemple que donne Françoise Dolto dans Mots et fantasmes (1967), publié dans Au jeu du désir (1981), lorsqu'un enfant entend "Bras-zéro", au sens de la castration, là où l'adulte qui l'énonce entend pour sa part parler d'un brasero.
(1) Terme utilisé par Freud pour différencier le système de l’inconscient (qui ne comprend que les représentations de chose – c’est-à-dire des images visuelles et cénesthésiques) des systèmes préconscient-conscient, marqués par le fonctionnement linguistique. Le processus de la pensée tient de la relation établie entre l’image de chose et l’image (trace auditive) de mot. La polyphonie des mots et multiplicité des contextes de la production de la parole sont une source de malentendus inévitables dans la communication humaine.
Stéphane Quinn